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Les Français et les Québécois entretiennent des relations privilégiées dont les fondements se trouvent dans leur histoire, leur culture et leur langue communes. Pendant plus de 150 ans, du début du XVIIe siècle au deuxième tiers du XVIIIe siècle, le destin de ces deux peuples a été intimement lié. Ils ont vécu une même aventure, celle de l'Amérique française.

Malgré le traité de Paris de 1763, qui semblait ratifier un abandon, les liens ne se sont pas rompus. Ainsi, dès la seconde moitié du XIXe siècle, cette relation s'est exprimée sur le plan diplomatique par la venue au Québec en 1855 de la corvette La Capricieuse, commandée par le capitaine Henri Belvèze, par la création en 1858 d'un Consulat de France à Québec, puis par la nomination à Paris en 1882 d'Hector Fabre, agent commercial et financier du Québec. Malgré l'éloignement géographique, les deux sociétés ont su développer, au fil des ans et des générations, des relations exceptionnelles qui se caractérisent aujourd'hui par leur richesse, leur diversité et leur pérennité.
Le 5 octobre 1961, le gouvernement du Québec ouvre la Maison du Québec à Paris, qui deviendra en 1964 la Délégation générale du Québec en France. Puis, dans la foulée de la visite du Général de Gaulle en 1967 à l'Exposition universelle de Montréal, la diversification et l'élargissement des accords de coopération s'intensifient dans le domaine de l'éducation et dans celui de la culture, et s'amorcent en économie, dans les affaires sociales, en recherche scientifique et en communications. Cette visite du Président de la République française fut, comme celle de La Capricieuse, une étape déterminante qui révéla la profondeur des liens unissant les deux nations et l'étendue de leurs relations.
La coopération entre la France et le Québec est toujours aussi dynamique et variée et les accords de coopération demeurent des outils essentiels pour répondre aux préoccupations respectives.

Mais il nous faut également tenir compte du contexte actuel de mondialisation et de médiatisation qui tend à uniformiser les cultures et les sociétés. Chez les Français et les Québécois, le déséquilibre entre mondialisation et identité se traduit par le besoin et la volonté de retrouver leurs racines. Partageant une longue période d'histoire commune, ils tiennent à en garder vivante la mémoire.


Comme jadis ils ont créé ensemble cette Amérique française qui s'étendait de l'Atlantique aux Rocheuses, du golfe du Mexique à la baie d'Hudson, ils renouent aujourd'hui avec leur histoire pour mieux comprendre la place qu'ils occupent dans le monde. La mémoire devient ainsi source d'action.

L'Amérique française, œuvre des Français et de ceux qui sont devenus en majorité des Québécois, constitue un point de convergence de notre histoire. Bien qu'elle ait profondément marqué la langue, les savoir-faire, les arts et la culture, l'architecture, l'urbanisme et les paysages, force nous est de constater un déficit de la connaissance de cette histoire de part et d'autre de l'Atlantique.

Des axes d'échange sur les lieux de mémoire communs aux Français et aux Québécois se devaient d'être développés pour actualiser notre rencontre.
C'est en ce sens qu'en décembre 1996, à l’initiative du délégué général du Québec à Paris, Marcel Masse, une commission binationale sur les lieux de mémoire communs a été créée par la commission de coopération franco-québécoise..

Initialement présidée conjointement par MM Marcel Masse et Henri Réthoré, elle est coprésidée depuis 2006 par MM André Dorval (Québec) et Pierre-André Wiltzer (France)
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