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lundi 18 octobre 2021

Commission de la mémoire franco-québécoise

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memoires vives

Le dernier numéro de la revue trimestrielle Cap-aux-Diamants :
une contribution aux lieux de mémoire

 

par Gilles Durand

 

Cap diamants
Crédit photo : Site de La Revue-Cap-aux-diamands

Le dernier numéro de la revue Cap-aux-Diamants (no 91, automne 2007) apporte une belle contribution à l’enrichissement et à la valorisation des lieux de mémoire. Sous le thème « Tant d’histoires à raconter », articles de fond, notes de recherches, rubriques à caractère généalogique ou de type nouvelles, comptes rendus de volume se suivent pour lever, chacun à leur façon, le voile sur différents aspects de l’histoire du Québec.


Les sources des lieux de mémoire

La revue introduit aux sources variées qui supportent les lieux de mémoire. Richard Fiset, Gilles Samson et Nicolas Giroux démontrent par leur travail la place irremplaçable des ressources archéologiques pour connaître les classes sociales et les activités de tous les jours, telles la préparation des aliments, leur consommation, sans compter la nécessité d’assurer la défense des premiers établissements. C’est le cas des fragments de faïence, bijoux d’apparat, verres fins, fragment de marmite en fonte, plats et bols, dé à coudre et petit boulet de canon découverts sur le site de la première implantation européenne au pays, celle de Cartier-Roberval à Cap-Rouge en 1541-1543. Yves Beauregard jette une lumière particulière sur l’intérêt des documents iconographiques en mettant en contexte et en présentant une collection de la Maison Neurdein, jusqu’à la première guerre le plus important éditeur de cartes postales en France : sans doute sous l’influence du sculpteur québécois formé à Paris, Louis-Philippe Hébert, dont ils ont tiré des clichés des œuvres d’art réalisées, les photographes français visitent, en 1907, Québec et Montréal pour photographier les points d’intérêt, leurs habitants, leurs monuments et leurs activités; dès 1908, ils sont en mesure de tirer des clichés pour une imposante série de cartes postales. La revue invite aussi à redécouvrir certains éléments du patrimoine matériel et immatériel pour une connaissance plus intime du Québec : c’est le cas d’un article de Suzanne Déry sur le cimetière protestant Mount Hermon de Sillery dans lequel est inhumé l’ancien premier ministre québécois et seigneur du Domaine Joly-de-Lotbinière, Henri-Gustave Joly de Lotbinière (1829-1908), ou bien encore du compte rendu d’un ouvrage, ayant pour auteurs Pierre Dunnigan et Francine Saint-Laurent, sur la tradition de la mi-carême encore célébrée dans quelques communautés isolées.

L’apport des disciplines

La revue rappelle l’apport de différentes disciplines aux lieux de mémoire, en particulier les lieux franco-québécois, l’histoire certes, mais aussi les études environnementales, la littérature, l’histoire de l’art. Yves Laberge présente le compte rendu d’une édition des Poèmes et proses d’Octave Crémazie. Mario Béland produit une note de recherche sur le dessinateur Ludger Larose (1868-1915) dont le parcours constitue un exemple de la place de la France comme lieu de formation et comme source d’inspiration pour nos artistes québécois.

Un voyage sur plus de quatre siècles

La revue propose encore au lecteur un voyage dans le temps sur plus de quatre siècles. Adrienne Leduc rappelle l’histoire de son ancêtre, une des Filles du roi, depuis la France jusqu’en Amérique, son arrivée en pays neuf, son mariage, l’établissement sur une ferme. Cette aventure n’est pas sans lui rappeler sa propre traversée de l’Atlantique. Lorsqu’elle est venue, en compagnie d’un groupe de jeunes femmes, rejoindre son mari en territoire québécois, en 1946, au lendemain de la guerre.

Des mémoires connues et moins connues

Le dernier numéro de la revue possède enfin le grand mérite de s’attarder non seulement aux mémoires connues, mais encore à celles qui le sont peu ou pas. C’est le cas de l’écrivain québécois Joseph-Damase Chartrand des Écorres (1852-1905) que présentent Cosette Marcoux et Jacques Boivin. Chartrand est l’auteur de deux ouvrages qui connaissent de multiples réimpressions et éditions en France, sans compter la revue littéraire La Revue nationale, qu’il fonde en 1895, et les articles publiés dans de nombreux journaux et revues québécois et français. Malheureusement, ce pionnier des écrits intimistes et autobiographiques, neutre sur les questions religieuses, n’a pas la faveur du clergé, sa revue ne connaît que quatorze numéros et lui-même est oublié par la postérité.

En guise de conclusion

Pour en savoir davantage sur la contribution des auteurs mentionnés ci-dessus et sur celles de d’autres qui ont participé à ce périodique trimestriel -- ce compte rendu ne prétendant nullement épuiser la richesse de la revue --, vous êtes invités à le parcourir à votre bibliothèque ou à vous le procurer à la librairie de votre localité. Surveillez également le prochain numéro Regards sur Québec (hiver 2008) qui doit sortir des presses sous peu.

champlain vague