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samedi 23 octobre 2021

Commission de la mémoire franco-québécoise

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memoires vives

Table ronde et lancement sur les événements
marquantsdes relations franco-québécoises
au cours du dernier demi-siècle

6 décembre 2011

 

par Gilles Durand

 

Robert Trudel, Marcel Masse, Denis Vaugeois
De g. à d. Robert Trudel, Marcel Masse,
Denis Vaugeois
Crédit : CFQLMC – Gilles Durand

Le 6 décembre 2011, les Éditions MultiMondes et la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs (CFQLMC) avec le support de l’Association internationale des études québécoises (AIEQ) organisent une table ronde et lancent une publication sur les événements marquants des relations franco-québécoises au cours du dernier demi-siècle. La rencontre coïncide avec le 50e anniversaire de l’ouverture de la Délégation générale du Québec à Paris et de la création du ministère des Affaires culturelles, l’actuel ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine. Plus de 65 personnes assistent à l’événement, tenu dans les locaux de l’AIEQ au cœur du Vieux-Québec. Robert Trudel, coordonnateur de la publication, agit comme modérateur de la soirée qui connaît un vif succès.

 

La table ronde sur les relations franco-québécoises au cours des années 1960


Le coup d’envoi de Marcel Masse


Marcel Masse, Denis Vaugeois
De g. à d. Marcel Masse, Denis Vaugeois
Crédit : CFQLMC – Gilles Durand

Le premier exposé est donné par Marcel Masse sur la période des années 1960, période qu’il connaît à fond comme témoin et acteur, ayant été ministre dans les cabinets Johnson et Bertrand, en particulier aux Affaires intergouvernementales. La décennie connaît une grande effervescence dans les relations franco-québécoises, mais elle ne s’inscrit pas moins en continuité avec la période antérieure : apparition d’un nouveau moyen de transport, l’avion remplaçant le bateau, facilitant des déplacements rapides outre-Atlantique;  visite au Québec du président français, Vincent Auriol, en 1951; exposition française au Palais du commerce de Montréal en 1954, suivie d’une exposition du Québec dans la ville lumière; projet d’un bureau du Québec à Paris qui aboutit à l’inscription de crédits dans le budget 1958-1959 du gouvernement Maurice Duplessis pour l’ouverture d’une agence. En janvier 1960, Antonio Barrette reprend le flambeau, à la suite du décès de Maurice Duplessis et de Paul Sauvé, et annonce la mise à exécution du projet. Par la suite, les relations et la coopération s’intensifient, cette fois sous l’impulsion des chefs de gouvernement eux-mêmes, dont le général de Gaulle et le premier ministre Daniel Johnson.

Au chapitre des relations et de la coopération entre Québécois et Français au cours des années 1960, le conférencier souligne qu’on pense trop souvent mécanismes plutôt que résultats et qu’on s’attarde trop à la nature des échanges, leur diversité tout comme leur deux points forts, l’éducation et la culture. Les relations et la coopération devraient être étudiées davantage en termes de résultats. De plus, on a tendance à oublier qu’au niveau de leurs fondements, ce n’est pas d’abord et avant tout les profits qui les maintiennent sur leur trajectoire, mais un héritage partagé, une même langue, une même histoire et une même culture. Autrement, sur un plan strictement économique, mieux vaudrait se tourner vers le sud. C’est dans le but de rappeler aux Québécois et aux Français leurs liens inébranlables qu’il a fondé avec Henri Réthoré, en décembre 1996, la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs, un organisme voué à enrichir et à valoriser l’aventure commune vécue par les deux peuples. L’esprit et l’âme de la coopération des années 1960 ne sont plus les mêmes; il importe de les revivifier.

 

Denis Vaugeois prend la relève


Comme chef de cabinet du ministre Marcel Masse, entre autres, Denis Vaugeois est un acteur incontournable des années 1960, on ne peut mieux préparé à prendre la relève comme conférencier. De ces années de bouillonnement, il fait ressortir trois idées maîtresses. D’abord le contexte, une période marquée, il est vrai, par la facilité des déplacements de plus en plus grande, mais aussi par la décolonisation, par le désir des communautés de s’émanciper, de prendre en main leur destinée. Ensuite, le véritable moteur de la Révolution tranquille au Québec, ce n’est tant les hommes politiques – tout en reconnaissant la contribution marquante de certains d’entre eux tel Paul Gérin-Lajoie –, que la jeunesse, une jeunesse de plus en plus instruite et porteuse d’un besoin de changements, dont les occasions de traverser l’Atlantique se multiplient. L’Office franco-québécois pour la jeunesse, dont Jean-Paul L’Allier est le premier secrétaire de la section québécoise, contribue pour beaucoup aux changements qui s’opèrent. Enfin, c’est aussi une relation qui avec les années prend une physionomie différente : d’une approche « demandeur » elle devient davantage synonyme « d’échanges et de réciprocité ». En même temps, les domaines de coopération vont s’élargissant. Ils ne peuvent être mieux illustrés que dans le mandat de l’Agence de coopération culturelle et technique – l’ancêtre de l’Organisation internationale de la Francophonie. Celle-ci est chargée d’intensifier la coopération au sein de la Francophonie dans des champs aussi divers que l’éducation et la formation, les sciences et les techniques, l’agriculture, l’environnement, etc. Il ne faut pas oublier que, dans ses relations avec la France, le Québec bénéficie beaucoup du support de sa Délégation générale à Paris, qui sait préparer très habilement le terrain aux négociations. En conclusion de sa communication, le conférencier utilise quelques souvenirs et péripéties ayant entouré sa carrière pour illustrer le contexte et l’esprit de ces années dans les milieux politiques.

 

Le lancement d’une publication pour couronner le tout

Jean-Marc Gagnon
Jean-Marc Gagnon
Crédit : CFQLMC – Gilles Durand

La dernière partie de la rencontre est consacrée à la publication Les textes marquants des relations franco-québécoises (1961-2011) [Titre non encore disponible sur le Web] et à son contenu. Jean-Marc Gagnon, l’éditeur, prend d’abord la parole pour mettre les auditeurs en appétit sur cette publication. Celle-ci couvre une période cruciale et se démarque tant par la mise en page que par l’illustration des textes. Le message livré par l’éditeur aux invités témoigne d’une maison d’édition capable de relever des défis à l’ère du numérique : l’ouvrage est aussi disponible sur support électronique.



Jean-Marc Gagnon, André Dorval
De g. à d. Jean-Marc Gagnon, André Dorval
Crédit : CFQLMC – Gilles Durand

Le coprésident de la CFQLMC André Dorval, prend ensuite la parole pour remercier d’abord tous ceux qui supportent la Commission, le ministère des Relations internationales de même que les bénévoles engagés du milieu associatif. La présente publication en est le fruit. Elle témoigne à la fois de l’originalité de l’approche, tant dans le contenu que dans le mode de préparation. Jusqu’alors, la CFQLMC avait fait porter ses efforts sur des travaux d’inventaires et de publications sur la période de la Nouvelle-France. Sans abandonner ce type de projet, la Commission réunit en janvier 2011 quelques bénévoles : ceux-ci forment le noyau éditorial coordonné par Robert Trudel et appuyé dans ses travaux par une banque électronique de discours montée par Paul Bernier. Les volontaires se mettent à la tâche pour neuf mois, mais cette fois pour rappeler la mémoire du dernier demi-siècle. L’occasion ne peut être mieux choisie, celle du 50e anniversaire de la Délégation générale du Québec à Paris. La petite équipe identifie des conférences et des textes correspondant aux événements fondateurs et marquants de la période, les complète et les illustre par des recherches en bibliothèque et dans les archives. L’étape suivante consiste à s’entourer d’acteurs, de témoins et de spécialistes du domaine pour mettre les documents retenus en contexte. L’opération se révèle un succès, plus de 40 collaborateurs répondent à l’appel, dont l’empressement n’a d’égal que l’enthousiasme de l’équipe éditoriale initiale. Au terme de l’expérience, le coprésident, André Dorval, peut s’enorgueillir de présenter aux amis de la mémoire franco-québécoise une publication

Les textes marquants des relations franco-québécoises/Sous la direction de André Dorval, Gilles Durand, Gaston Harvey, Bertrand Juneau et Robert Trudel, Québec, Éditions MultiMondes, 2011, 228 pages
 
Emmanuel Gagnon
Emmanuel Gagnon
Crédit : CFQLMC – Gilles Durand

à la fois riche de contenu pour la mémoire et source d’inspiration pour aller plus loin dans le futur, c’est-à-dire enregistrer sur support audio-vidéo les témoignages intégraux des acteurs et des témoins de la relation franco-québécoise au cours de toutes ces années de changements.

champlain vague