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lundi 18 octobre 2021

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memoires vives

Le 400e anniversaire de naissance de
Paul de Chomedey de Maisonneuve
commémoré à l’hôtel de ville de Montréal

 

Par Gilles Durand

 

Première messe à Ville-Marie par le père Barthelemy Vimont, jésuite, en 1642. Bas-relief de Louis-Philippe Hébert, 1895, Monument à de Maisonneuve, Place d’Armes.
Première messe à Ville-Marie par le père Barthelemy Vimont, jésuite, en 1642.
Bas-relief de Louis-Philippe Hébert, 1895, Monument à de Maisonneuve, Place d’Armes.
Crédit : Wikimedia Commons

Dévoilement d’une maquette de la plaque hommage de Neuville-sur-Vanne

Le 15 février 2012, le 400e anniversaire de la naissance de Paul de Chomedey de Maisonneuve, fondateur de Ville-Marie, est commémoré à l’hôtel de ville de Montréal. L’hommage au fondateur se déroule en présence du président du conseil municipal de la Ville de Montréal, Harout Chitilian, et du consul général de France, Bruno Clerc. Est dévoilée une maquette de la plaque hommage présentée au même moment à Neuville-sur-Vanne, village français où de Maisonneuve est né et baptisé. Le président du conseil et le consul général profitent de l’occasion pour rappeler le rôle incontournable de de Maisonneuve, fondateur de Montréal le 17 mai 1642 et gouverneur de l’île pendant plus de vingt ans.

Présentation du personnage lors de l’émission radiophonique quotidienne Maisonneuve en direct

Pour l’occasion, l’hôtel de ville de Montréal reçoit Pierre Maisonneuve et son équipe pour la diffusion de l’émission quotidienne Maisonneuve en direct sur les ondes de la Première Chaîne de Radio-Canada. L’événement est rendu possible grâce à la collaboration du Comité montréalais Chomedey de Maisonneuve. Il constitue une occasion de réunir plusieurs historiens et praticiens de la mise en valeur du patrimoine culturel. Ceux-ci peaufinent le portrait d’un personnage qui demeurera toujours énigmatique, compte tenu de la rareté des sources de première main.

De Maisonneuve, un catholique intransigeant : de Maisonneuve partage les convictions des adeptes du mouvement dévot : vivre son catholicisme plus pleinement, au besoin en fondant des missions dans le Nouveau Monde; ne reculer devant aucun sacrifice pour sauver son âme, même au prix de sa vie. Il se situe dans le sillage du sulpicien Jean-Jacques Olier et de Jérôme Le Royer de La Dauversière – à noter que les convictions religieuses de La Dauversière, percepteur d’impôts de la ville de La Flèche, ne le poussent pas à être étranger au monde des affaires. Il est proche des membres de la Compagnie du Saint-Sacrement qui met sur pied la Société Notre-Dame de Montréal pour aller fonder une ville missionnaire sur l’île de Montréal. La Société choisit de Maisonneuve pour réaliser ce projet à la fois colonisateur et missionnaire et elle s’engage à fournir du support tant en ressources humaines que financières et matérielles.

De Maisonneuve, un militaire doté d’un grand courage, non dépourvu du sens des affaires : La devise des armoiries de de Maisonneuve est « Courage, foi, honneur ». Nous savons, par le peu de documents qui ont survécu, que de Maisonneuve est un militaire déterminé et que très tôt il est initié au métier des armes. Le futur gouverneur de Montréal ne recule devant rien. Il débarque à Québec à la fin de l’été 1641. Sans doute autant par courage que par croyance au potentiel de l’île de Montréal comme carrefour du commerce des fourrures face à l’intérieur du continent, de Maisonneuve ne revient pas sur sa décision d’aller fonder le petit établissement de Ville-Marie. Rien ne l’arrête : pas même l’offre du gouverneur général de la Nouvelle-France, Jean de Huault de Montmagny, de s’établir sur l’île d’Orléans plutôt que sur l’île de Montréal; pas même l’attitude des Iroquois qui devient de plus en plus menaçante.

Une force militaire insuffisante : de Maisonneuve prend pied sur l’île de Montréal, plus précisément à Pointe-à-Callière, avec une cinquante de colons et artisans au printemps 1642. Dès son arrivée, il se révèle un organisateur habile, s’occupe de faire ériger un fort pour protéger ses compatriotes des incursions des Iroquois, habitant en partie dans ce qui est l’État de New York d’aujourd’hui. Il est vrai qu’on lui reproche d’être trop hésitant à riposter face aux assaillants qui harcèlent la colonie naissante et y font des victimes, mais ces reproches doivent être tempérés par le peu de colons, soldats potentiels, et par les moyens supérieurs dont disposent, en particulier pour les déplacements en hiver, les Iroquois étant plus nombreux d’ailleurs. La force militaire de de Maisonneuve, c’est un peu l’infanterie, comparée à celle des Iroquois que nous pourrions qualifier de cavalerie.

Présence indispensable de Jeanne Mance et croyance bien enracinée du fondateur au potentiel économique du site de Ville-Marie : Au cours de son mandat de gouverneur local de plus de 20 ans qui prend fin par son rappel en France en 1665, deux ans après la reprise en main de la colonie par le pouvoir royal, de Maisonneuve ne peut compter que sur deux soutiens : la Société Notre-Dame, qui avec le temps devient aux prises avec des difficultés; sa fidèle collaboratrice et cofondatrice, Jeanne Mance, dont le réseau n’hésite pas à avancer des fonds, et qui lui prête main forte pour recruter de nouveaux colons dans l’Hexagone. Qu’importe, jusqu’en 1663 et à la cession aux sulpiciens – établis depuis 1659 – par la Société Notre-Dame de la partie de la seigneurie de l’île de Montréal lui appartenant, les ressources font toujours cruellement défaut à Ville-Marie. Malgré tout, de Maisonneuve laisse le souvenir non seulement d’un homme pieux, mais aussi d’un visionnaire qui a cru au potentiel économique de Ville-Marie. Décédé à Paris en septembre 1676, il conservera toujours pour lui le souvenir d’avoir jeté les fondements inébranlables de la future métropole du Québec et de la deuxième ville française du monde.

Beaucoup d’autres activités pour le 400e anniversaire de la naissance de de Maisonneuve, qui est aussi le 370e anniversaire de la fondation de Montréal

champlain vague