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samedi 16 octobre 2021

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memoires vives

Le temps d'une criée
Une coutume encore vivante à Saint-Augustin-de-Desmaures

Par Bertrand Juneau, président
Société d'histoire de Saint-Augustin-de-Desmaures (SHSAD)


Le dimanche 14 octobre 2012, après la messe dominicale, plus de cent personnes rassemblées sur le parvis de l'église de Saint-Augustin ont assisté à la bénédiction du monument du Sacré-Cœur, nouvellement restauré. La présidente du conseil de Fabrique, Mme Micheline Bertrand, le maire de la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures, M. Marcel Corriveau, et le vicaire, l'abbé Robert Côté, ont souligné tour à tour leur fierté au regard de cette réalisation, résultat d'un effort collectif.

Érigé en 1869 au cœur de l'îlot paroissial, cet imposant monument a d'abord été dédié à l'Ange gardien, puis en 1919, au Sacré-Cœur. Sa récente restauration a mis au jour une pierre gravée, cachée derrière une plaque depuis près de cent ans. Elle est maintenant mise en valeur et l'on peut y lire : « Dieu a ordonné à ses anges de prendre soin de vous. 1869 ».

Après la bénédiction, deux personnages venus du passé, le docteur Praxède LaRue, également député de Portneuf, et Augustin Bourbeau, secrétaire-trésorier de la municipalité, témoins de la construction en 1869, ont exprimé leur grande satisfaction devant le respect du patrimoine manifesté par la population du XXIe siècle.

Pour l'occasion, la Société d'histoire de Saint-Augustin-de-Desmaures avait décidé de faire revivre une coutume remontant au Régime français comme le démontre bien l'Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française : elle avait organisé une criée dans le but de rappeler à notre mémoire le sens de cette pratique dans la vie paroissiale de la seconde moitié du XIXe siècle.

Crédit photo : SHSAD
Crédit photo : SHSAD
Venus du XIXe siècle, le Docteur Praxède-LaRue et Augustin Bourbeau, secrétaire-trésorier et crieur public.
Légende de la photo : Venus du XIXe siècle, le Docteur Praxède-LaRue et Augustin Bourbeau, secrétaire-trésorier et crieur public.
Crédit photo : SHSA

Le crieur public était Augustin Bourbeau, secrétaire-trésorier de la municipalité de 1856 à 1897. Il a « crié » du haut du kiosque différentes décisions de la municipalité concernant les chemins, les chiens vicieux, la vitesse, la défense de vente de boissons enivrantes; il a aussi transmis des messages du curé François Pilote concernant la vente de bancs, l'autorisation de travailler le dimanche après-midi et la fin de la pratique d'inhumer des morts sous l'église.

Et suivant la tradition, le crieur public a procédé à la vente de différents lots offerts par des organismes, des entreprises et des individus de la ville. À titre d'exemples : des produits du patrimoine textile par le Cercle des fermières et des produits maraîchers par La Ferme estivale.

Les 17 lots offerts ont trouvé preneurs pour un montant total de 603 dollars, qui sera dédié aux « âmes ». En effet, la Société d'histoire affectera cette somme à la construction du nouveau mémorial, installé dans le cimetière, rappelant les personnes inhumées dans le Cimetière de l'Anse-à-Maheu entre la fin du XVIIe siècle et 1816.

Après cette première expérience très réussie, la Société d'histoire se promet d'organiser une criée en 2013, en privilégiant une période où le climat a de fortes chances d'être plus doux, soit fin août-début septembre.

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