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lundi 18 novembre 2019

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Colloque Jean Nicollet et les explorateurs de l'Amérique du Nord, Samedi 2 novembre 2019 à l'Université Laval, Québec

Exposition Louis Hébert et Marie Rollet présentée à la Faculté de pharmacie de l'Université de Lille, jusqu'à l'automne 2019

memoires vives

Le 400e anniversaire de la mort de Henri IV :
une journée consacrée au rappel du grand roi

 

par Gilles Durand

 

La genèse du projet : une histoire qui débute en 2007

 

Pierre Dugua de Mons, considéré en 2007 comme le cofondateur de Québec au même titre que Champlain, est jusqu’alors un personnage mis de côté et oublié, sans aucun doute en raison de la religion protestante à laquelle il adhérait. Pourtant, c’est lui qui fait de Champlain son lieutenant et qui lui fournit colons-artisans, provisions, armes et matériaux de construction pour fonder Québec en 1608. Grâce entre autres aux efforts de la Société historique de Québec, qui tient à rendre justice à Pierre Dugua de Mons, un buste est dévoilé en 2007 à son honneur.

 

Henri IV, roi de France de 1589 à 1610, connaît lui aussi le même sort jusqu’à la dénomination par son nom d’une autoroute dans l’ouest de la capitale nationale en mai 1981. Il est alors sorti de l’ombre parce que c’est lui qui fait de Pierre Dugua de Mons, cofondateur de la ville de Québec, son lieutenant général. Mais voilà qu’une proposition est avancée par la suite pour en changer le nom. Par la voix de son président, Jean Dorval, la Société historique de Québec intervient énergiquement pour en conserver la dénomination dans un communiqué en date du 23 octobre 2009. Et comment mieux le faire qu’en rappelant le rôle important joué par Henri IV dans l’implantation française en Amérique et dans la fondation de la ville de Québec en 1608 : le souverain, en effet, apporte son soutien à Dugua de Mons et à Champlain.

 

En cette année 2010 marquant le 400e anniversaire du décès de ce grand roi, assassiné en 1610, la Société historique de Québec a encore jugé nécessaire de rappeler sa mémoire et en quoi consiste sa contribution à la présence française en Amérique. Pour ce faire, elle lui consacre la journée du 2 novembre 2010. Les activités privilégiées sont le dévoilement d’une plaque, une conférence et une table ronde pour faire connaître ou redécouvrir au besoin les faits et gestes qui sont associés à son règne. Pour assurer le succès de l’événement, elle joint ses forces à celles de quatre partenaires intéressés : la Ville de Québec, la Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ), le Département d’histoire de l’Université Laval et la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs (CFQLMC).

 

 

Hélène Le Gal, Jean Dorval, Michelle Morin-Doyle et Frédéric Smith
De g. à d. Hélène Le Gal, Jean Dorval,
Michelle Morin-Doyle et Frédéric Smith
Crédit : CFQLMC – Gilles Durand

Le dévoilement d’une plaque dédiée à Henri IV donne le coup d’envoi

 

La journée débute en avant-midi par le dévoilement d’une plaque de bronze commémorative, dédiée à Henri IV, à l’hôtel de ville de Québec, dès l’origine tête de pont vers l’intérieur du continent. La cérémonie se déroule en présence de Michelle Morin-Doyle, conseillère municipale et membre du comité exécutif de la Ville de Québec, Hélène Le Gal, consule générale de France à Québec, Jean Dorval, président de la Société historique de Québec (SHQ), et Frédéric Smith, historien et chargé de projet à la CCNQ. Les inscriptions sur la plaque annoncent déjà le contenu du programme de la journée : l’une d’elles laisse entrevoir en quoi consiste la contribution du roi à la présence française en Amérique :

À la mémoire de Henri IV (1553-1610), le roi de France qui soutint Champlain lors de la fondation de Québec…;

 

une autre donne un des moyens utilisés pour redonner prospérité à son royaume, en reproduisant un court passage de Voltaire :

Je chante ce héros qui régna dans la France… qui, formidable et doux, sut vaincre, et pardonner…

 

 

Michel De Waele et Jacques Mathieu, présentateur
De g. à d. Michel De Waele
et Jacques Mathieu, présentateur
Crédit : CFQLMC – Gilles Durand

Michel De Waele, professeur et directeur du Département d’histoire de l’Université Laval : l’occasion d’un rappel et d’un lancement sur le volet outre-Atlantique du règne de Henri IV

 

Henri IV, devenu roi de légende, possède une image plus grande que nature. Malgré sa conversion au catholicisme en1593, après être monté sur le trône en 1589, il n’hésite pas à se montrer conciliant face aux protestants dans le but de mettre fin aux guerres de religion et de pacifier le royaume : il promulgue l’édit de Nantes en 1598. Le conférencier rappelle que l’édit n’est pas une mesure de tolérance mais plutôt de concorde, visant à amener les protestants au catholicisme par la douceur. L’important pour le roi, c’est que tous les Français travaillent ensemble pour relancer l’économie nationale. De son côté, il appuie la diffusion des connaissances en matière agricole, tente de développer l’industrie nationale des textiles et des mines, et fait de grands efforts pour faciliter la circulation intérieure. Le souverain vise avant tout le bien-être des Français et l’intégration de la France dans le mouvement de planétarisation. Il lance des expéditions outre-Atlantique, espérant être en mesure de prendre sa place en Amérique parmi les nations européennes colonisatrices et d’étendre son territoire. Le conférencier ne peut mieux témoigner de sa connaissance en profondeur du sujet qu’en lançant son dernier ouvrage, tout juste sorti des Presses de l’Université Laval dans les Collections de la République des Lettres, sous le titre Réconcilier les Français. Henri IV et la fin des troubles de religion (1589-1598).

 

 

La clôture de la table ronde : mission accomplie
La clôture de la table ronde :
mission accomplie
De g. à d. André Dorval, Éric Thierry,
Esther Taillon, vice-présidente de la SHQ,
Jean Dorval, président et Denis Vaugeois
Crédit : Société historique de Québec

Que retenir de la contribution du roi Henri IV de ce côté-ci de l’Atlantique

 

Henri IV consolide son royaume pour mieux le redéployer en Amérique du Nord. Mais en quoi consiste exactement sa contribution. C’est pour répondre à cette question que la Société historique de Québec s’associe à la CFQLMC pour donner la parole à un conférencier français, Éric Thierry, spécialiste de l’histoire de la France coloniale et professeur au lycée de Laon, dans le cadre d’une table ronde animée par l’historien et éditeur Denis Vaugeois. Le coprésident de la CFQLMC, André Dorval, introduit l’activité, qui se tient au Musée de la civilisation du Québec, en rappelant l’importance de toujours entretenir et enrichir la mémoire.

 

Le conférencier développe avec beaucoup de maîtrise la grande aventure de la France en Amérique du Nord sous le règne d’Henri IV. À l’époque, la France, déjà présente sur les côtes de Terre-Neuve et dans le golfe Saint-Laurent pour la pêche à la morue et la traite des fourrures – sans abandonner la recherche d’un passage vers l’Asie –, tente d’avoir un pied à terre permanent. Dès lors commence une longue recherche qui l’amène à l’île de Sable, à l’île Sainte-Croix, à Port-Royal et finalement à Québec. Les collaborateurs choisis et supportés par Henri IV se succèdent sans interruption : La Roche, Pierre Chauvin, Aymar de Chaste, Gravé du Pont, Dugua de Mons, ces deux derniers accompagnés de Champlain. Ce dernier se montre très rapidement un acteur indispensable sur qui l’on peut compter pour que les investissements rapportent des bénéfices. La pénétration à l’intérieur du continent amène des alliances avec certaines nations amérindiennes, Montagnais, Algonquins, mais en même temps elle entraîne des guerres avec d’autres, les nations iroquoises. N’importe, la France réussit à prendre pied en permanence sur le continent nord-américain.

 

Le conférencier est l’auteur de plusieurs publications dont La France de Henri IV en Amérique du Nord. Les intéressés trouveront plus d’information dans le bulletin Mémoires vives de la CFQLMC no 30, juin 2010.

champlain vague