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lundi 18 novembre 2019

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Colloque Jean Nicollet et les explorateurs de l'Amérique du Nord, Samedi 2 novembre 2019 à l'Université Laval, Québec

Exposition Louis Hébert et Marie Rollet présentée à la Faculté de pharmacie de l'Université de Lille, jusqu'à l'automne 2019

memoires vives

Des guides touristiques d’hier à aujourd’hui

 

 

par Gilles Durand

 

Un peu d’histoire

 

Les guides de voyage ont évolué quant à leur format, leur support sur papier ou sur le Web, les clientèles auxquelles ils s’adressent, les itinéraires qu’ils proposent, les sites et les bâtiments qu’ils incitent à découvrir. Les intéressés sont invités à consulter un article préparé par Michèle Lefebvre sous le titre « Le guide de voyage au fil du temps » et paru dans le numéro 82 de À rayons ouverts : Chroniques de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, p. 19. Mais qu’en est-il des guides plus spécialisés concernant la période de la Nouvelle-France actuellement disponibles. Pour les présenter, nous pouvons dès lors les diviser en deux grandes catégories, d’un côté, ceux qui tiennent à la fois des ancêtres et des villes et villages où ils ont vécu, de l’autre ceux qui se limitent plutôt aux traces matérielles laissées dans le paysage ou bien encore récupérées, mises en valeur et rendues accessibles dans les musées.

 

Des guides qui font place aux ancêtres

 

Ces villes et villages de France,... berceau de l'Amérique Française
Crédit : CFQLMC – Gilles Durand

Dans la première catégorie, nous en retenons deux. Le premier, le tome IV d’une collection de douze, concerne l’une des régions de France, la Bourgogne et Franche-Comté. Gilbert Pilleul, secrétaire général de la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs (CFQLMC) - France, en fait une belle présentation dans le présent bulletin. L’ouvrage est tout à l’honneur des membres de cette régionale de France-Québec. Tous ceux qui ont quitté la mère patrie pour la Nouvelle-France y trouvent place quelque soit leur métier ou leur notoriété. L’ouvrage donne la biographie de personnages qui se sont démarqués et permet de découvrir les points d’intérêt de chacun des lieux d’origine des pionniers : activités économiques passées et présentes, sites et bâtiments patrimoniaux, etc. Pour faciliter une escapade à travers ces localités, le guide trace des itinéraires avec cartes géographiques à l’appui et durée. Bref un compagnon indispensable, tout comme les six autres déjà publiés et cinq autres à venir.

 

Le 2e guide dont nous aimerions signaler l’existence est une base de données sur le site de la Maison Atout France. L’intéressé doit être muni d’une clé pour l’interroger, soit le nom de son ancêtre. La démarche en vaut la peine. Elle lui retourne la localité d’où provient le pionnier, information qu’il peut compléter par des renseignements sur les régions, villes et villages de France – caractéristiques et détails matériels reliés à une visite – disponibles sur le site Atout France . La base de 9 300 noms de pionniers a été préparée par Marcel Fournier qui a revu l’approche mise de l’avant en 1998 sous le titre de « passeport généalogique » et maintenant appelée « carnet généalogique ».

 

 

Quatre guides qui s’en tiennent plutôt aux traces matérielles laissées par les pionniers

 

Cette deuxième catégorie de guide retient plutôt le contexte dans lequel les pionniers ont vécu, paysages, bâtiments, objets utilisés occasionnellement ou dans la vie quotidienne. Nous retenons quatre guides.

 

En concertation avec la CFQLMC, le Département d’études en loisir, tourisme et culture de l’Université du Québec à Trois-Rivières, par l’entremise de Paschale Marcotte, a préparé un itinéraire mémoriel, mis en ligne sur le site Web de la Commission. Le parcours d’une centaine de kilomètres entre Trois-Rivières et Neuville, propose 19 sites d’intérêt patrimonial : sites industriels historiques, lieux de prière et de pèlerinage, bâtiments qui se signalent par l’originalité de leur architecture ou l’importance de leur fonction, tels des églises, moulins, manoirs. Il tire avantage de toutes les potentialités du Web tant pour les cartes géographiques que pour les informations à caractère historique et patrimonial. Il prend appui en effet sur l’inventaire des lieux de mémoire de la Nouvelle-France, une base de données informatique. C’est la base qui donne le pourquoi de la visite à effectuer. Le visiteur peut la consulter avant le départ pour décider où s’arrêter parmi les points d’intérêt proposés, et aussi revenir à la base au retour de la visite pour approfondir les connaissances acquises.

 

Compte tenu de l’intérêt des objets matériels conservés dans les musées, les directeurs des musées montréalais, regroupés dans la Société des directeurs des musées montréalais, ont joint leurs efforts pour proposer un parcours déposé sur le site de la Société et sur celui de la Commission. Le parcours retient douze établissements. Il constitue pour chaque musée des coups de projecteur sur le bâtiment, lorsque pertinent, sur les collections d’objets qui témoignent d’une mémoire partagée de part et d’autre de l’Atlantique. C’est une belle aventure à revivre, non seulement de façon virtuelle, mais aussi sur le terrain par une belle journée d’été.

 

Deux autres initiatives méritent d’être soulignées. Les Éditions La Presse ont publié en 2010 un Parcours de la Nouvelle-France : l’histoire du Québec en visites, préparé par Sébastien Brodeur-Girard avec la collaboration de Claudie Vanasse. L’ouvrage sélectif, d’un format qui peut tenir dans la bourse ou le coffre à gants de l’auto, permet de repérer les principales traces matérielles de la Nouvelle-France dans l’ensemble des régions du Québec. Il constitue un accompagnateur irremplaçable pour repérer des localités porteuses de témoignages : sites d’intérêt, vestiges archéologiques, bâtiments, monuments commémoratifs, musées et centres d’interprétation. Des données pratiques s’ajoutent pour faciliter le suivi des différents itinéraires proposés.

 

Le numéro 125, été 2010, du Magazine du patrimoine au Québec Continuité, p. 11-15, y va également de ses suggestions. La rédactrice en chef, Sophie Marcotte, propose une « escapade sur la route des découvertes », depuis les Îles-de-la-Madeleine jusqu’en Outaouais, en proposant la visite de vingt musées et centres d’interprétation. Plusieurs renferment des témoignages du Régime français quand ils ne rappellent pas eux-mêmes nos origines par le bâtiment qui les abrite. Encore une invitation à une escapade.

champlain vague